• Souvenir d'été

    Gérard a fait un barbecue dans son jardin. Pour l'aider à trouver du petit bois d'allumage j'ai fais appel aux tiges en bois que le boucher avait mis dans les morceaux de viande. Que s'est-il passé, je me le demande. C'était magique. Gérard déposait délicatement les morceaux de viande sur la grille, Ils cuisaient, rétrécissaient et, plouf, tombaient dans le barbecue. Plouf, encore un. Plouf plouf, deux en moins. Nous sommes restés béats devant une grille chaude et vide. Gérard aurait du acheter des merguez, on les auraient disposées perpendiculairement à la grille. Ou des cotalosses. Finalement, Gérard a fait appel à un livreur de pizzas.

  • Barbecue italien

    " Tu fais quoi pendant que j'allume le barbecue ? ". " De la sculpture végétale, Gérard ". " Tu graves ton nom dans l'écorce de mes arbres ? ". " Non, non, je fabrique des drapeaux italiens ". " Montre ". "C'est pas beau ? Gérard, dis moi que c'est beau ". " Mais, mais, ce sont les carrés de poivrons rouges et verts et les rondelles d'oignons des brochettes. Et où sont les brochettes ? ". " Gérard, la hampe. Sais-tu ce qu'est la hampe d'un drapeau ? Si j'avais pris les manches de tes rateaux, fourches, bêches, les drapeux auraient été ridicules, non ? C'est beau, hein, Gérard, avec les brochettes ".

  • Piqué chez Tex

     

    A la demande générale : le barbecue de Gérard (Merci Tex)

    vu chez Tex

  • Faire patienter Ginette

    « Mademoiselle Ginette, Gérard m’a dit de vous faire patienter parce qu’il est dans une étape importante de sa préparation culinaire et que, vu mon manque relatif d’expérience dans la cuisson, il préfère que je fasse trois pas avec mes bottes de cent lieues pour m’éloigner de la poêle. Reconnaissant envers Gérard de me laisser m’occuper de vous, j’ai immédiatement accepté son invitation au repas. Je viens de faire une longue phrase et je m’en excuse, mademoiselle Ginette, surtout si vous ne savez pas où placer les virgules. En voici une courte, pour vous faire patienter. Une petite bite, qu’on invite au cinéma, répond : oui, si ce n’est pas un film porno parce que je n’ai pas envie de rester debout ». « C’est quoi, une bite ? ».

  • La passion des bambous

    Gérard a des phyllostachys bissettii dans son jardin. Ce sont des monstres. Il paraît que si tu dors dessus, le lendemain matin tu es hara-kiri, le thorax perforé, les couilles à deux mètres de hauteur avec des oiseaux qui commencent à y faire leur nid. Ce sont des bambous. Viens dormir dans le jardin, m'a dit Gérard. Hé, ho, hein, quoi encore. Je ne suis pas Sam Ouraille. Dormir dans ses laitues je veux bien. Encore que les limaces, hein, ça dépend où ça suce, hein. Pire, il y a des hérissons. Bonjour, chérie, tu as mis tes bigoudis. Non, dormir, oui. Dehors, non.

  • Pelouse d'hiver

    « Gérard, tu devais tondre ta pelouse, il y a longtemps que tu ne l’as fait ». « Hé, tu as vu comment elle est, la pelouse ? ». « Ben oui, sous la neige ». « On ne tond pas sous la neige ». « Pourquoi ? Elle est morte, la pelouse ? ». « Bien sûr que non. D’ailleurs elle pousse mais très lentement ». « Tu es allé voir entre la pelouse et le blanc manteau, peut-être ». « Vas-y voir toi-même. Si tu n’es pas rentré dans deux jours je louerai un chien d’avalanche ».

  • C'est moi qui cuisine aujourd'hui

    « Mademoiselle Ginette, veuillez m’accompagner dans la cuisine pendant que Gérard dispose les zakouskis dans son salon ». « Ah, il y a une nouvelle procédure. Au bureau, quand il y a une nouvelle procédure, on reçoit une note ». « Nous ne sommes pas au bureau, voyons, mademoiselle Ginette. Aujourd’hui c’est la procédure d’urgence car c’est moi qui cuisine ». « Et je fais quoi ? ». « Vous tiendrez la boîte des premiers secours, mademoiselle Ginette, prête à intervenir ». « Vous allez cuisiner différemment de Gérard ? ». « Ah oui ça, ah oui ça. Gérard est démoralisé parce que, avec la neige, il ne retrouve plus ses légumes. Il voulait annuler le repas chez lui. Alors je prends les choses en main ». « Assurez-moi que vous les garderez chez vous. En quoi le repas sera différent ? ». « Que des boîtes, mademoiselle Ginette, que des boîtes et des poudres, comme dans l’espace. Raviolis en boîte, améliorés aux carottes, en boîte, et aux petits pois, en boîte. Pour suivre : thon, en boîte, purée de pomme de terre en poudre et potage en poudre avec croûtons (4%) et traces de poulet (2%)déshydratés, café en poudre, lait en poudre et sucre en poudre. Je n’ai pas trouvé d’eau en poudre, je prendrai celle du robinet. Attention, je m’attaque aux boîtes, mettez votre casque ». « Hooo, c’est vraiment comme dans l’espace ».