• Ginette m'émeut

    « Gérard, tu te rappelles hier ? ». « Quoi ? ». « Je t’avais dit : Gérard, tu m’émeus. Tu m’as répondu : c’est normal, c’est l’année du bœuf. J’ai du en rêver cette nuit car j’en ai pissé de rire. Pdr. Ne dis rien, Gérard, mademoiselle Ginette vient de sonner à ta porte. Laisse-moi ma chance ». « Bonne chance, vieux ». « Ah, oh, mademoiselle Ginette, toute en beauté, quel plaisir, oh, que dis-je, quelle joie de vous revoir, hein ». « Pourquoi donc ? ». « Mademoiselle Ginette, vous m’émouvez ». « Ah bon. Pourquoi ? ». « Parce que c’est l’année du bœuf, mademoiselle Ginette ». Paf. Aïe. Et merde, j’ai du faire une erreur mais quand ?

  • Oups. Elle est longue, celle-là

    « Oups. Qu’est-ce j’ai bien bouffé, Gérard. Oups. Et beaucoup. Oups. J’ai les dents d’en dessous qui baignent. Oups. Il y a tellement de trucs différents dans ta grosse soupe que j’ai voulu tout goûter et, quand j’ai eu tout gouté, je ne connaissais plus le goût des premières choses que j’avais mangées et j'ai repis de tout, trois fois. Oups, Gérard ». « Et de un, ma grosse soupe est une fondue chinoise. Et de deux, vas prendre l’air, pince toi le nez et reviens quand tu auras fini de hoqueter. Tu ressembles à une grenouille qui voulait se faire plus grosse l’année du bœuf ». « Je connais, Gérard. Oups. C’est une chanson de Philippe Lafontaine. Oups ». « Vas la chanter dehors. Vas faire du hoquet sur gazon ». « Gérard, oups, enfant hoquetant enfant bien venant, disait ma grand-mère en parlant de moi. Oups ». « Bon, stop. Tu vas finir par passer au travers de la chaise en sautillant de la sorte. Un seul mot : sors ». « Non, Gérard, le repas n’est pas fini. Oups ». « Comment ça, tu débordes et tu dis que le repas n’est pas fini. Tu veux quoi ? Une galette aux fraises ? Une charlotte des rois ? ». « Reste zen, oups, Gérard. Il me semble que tu n’as mangé que le aigre de la sauce aigre-douce, oups, Gérard ». « Que veux-tu alors ? ». « Oups, vois-tu, Gérard, quand je vais manger au restaurant chinois à l’époque du nouvel an chinois, oups, parce qu’il ne faut pas aller chez un mexicain ou manger une paëlla du Périgord, oups, en fin de repas, je reçois un petit vase en porcelaine. C’est l’époque du nouvel an chinois, oups, je t’ai fait le plaisir de t’accompagner dans ce repas gargrand, garganmutuellesque, pends ta grue et lisque et je m’attends à recevoir un petit vase en porcelaine. J’en ai déjà cinq. Oups ». « Ami de toujours, j’ai mieux que ça, tu sors et tu te rends vers le garage. Là, tu connais le nain de jardin qu’il faut soulever pour trouver la clef de la porte du garage, tu l’ouvres et, sur ta gauche, tu verras un amoncellement hétéroclite provenant de la vidange du grenier d’un oncle par alliance. Au pied de la décharge, tu verras un vase, bien mieux que tes ridicules vaselets et bien plus solide. Il est en tôle émaillée. Ami de toujours, sors d’ici, je te confie un bijou de famille, le vase de nuit de mon tonton regretté ». « Gérard, tu m’émeus ». « C’est normal, c’est l’année du bœuf, hein, bœuf, meuh, allo, esprit es-tu là, houhou ». « Gérard, bonté divine, miracoli, panzani, je n’ai plus le hoquet. Je file soulever ton nain de jardin, celui qui tient une brouette mais qu’il ne faut le dire à personne parce que ta clef de garage est en dessous ».

  • Schlâââ

    « Schlâââ. Mais tu vas fiche mon wok en l’air ! ». « Pas grave, Gérard. J’ai faim. Schlâââ ». « Hé, non mais, tu as fait éclater le boulette de crevettes ». « Schlâââ. Celle-là aussi, Gérard, excuse-moi. Schlâââ ». « Arrête avec tes ‘chla’, on ne mange pas sioux ou iroquois, on mange chinois ». « D’accord, Gérard. Schlâââ. Oh, ça m’a échappé ». « Maintenant ça suffit. Soit tu manges à la fourchette, soit tu utilises les deux baguettes, D’Artagnan ».

  • Repas chinois

    « Gérard, c’est quoi les bouts de pneu dans le wok ? ». « Ce sont des champignons chinois ». « Ah ! Et là, Gérard ? Les trucs jaunes et croquants ? ». « C’est du bambou ». « Gérard, je ne rigole pas avec la nourriture. D’ailleurs je ne mange plus tant que je ne suis pas allé dans ton garage vérifier l’état de ton vélo et de tes sièges de jardin ».

  • Manger chinois

    « Gérard, mademoiselle Ginette, regardez. Pour manger chinois j’ai apporté mes baguettes en bois ». « Oh, qu’elles sont mignonnes ». « N’est-ce pas, mademoiselle Ginette. Qu’en penses-tu, Gérard ? ». « Tu ne sauras jamais t’en servir ». « Gérard, ne gâche pas mon plaisir de saliver en pensant que je vais manger chinois ». « Je te répète que tu ne sauras pas t’en servir ». « Gérard, j’exige des explications. Devant mademoiselle Ginette ». « Tu ne sauras pas t’en servir parce que, au bout de tes baguettes, il y a des boules en bois ». « Gérard, je te jure que ce sont des baguettes chinoises. Il y a une étiquette ‘Made in China’ sur le petit tambour que j’ai du acheter pour les avoir ».

  • Bonne année, tchin tchin

    « Mais, qui êtes-vous ? ». « C’est moi, mademoiselle Ginette ». « Mais, qu’avez-vous sur la tête ? Vous vous êtes accroché au lustre en vous levant ce matin ? ». « C’est un wok, mademoiselle Ginette. Un wok pour fêter le nouvel an chinois ». « Mais, qu’est-ce qui pendouille de chaque côté de votre tête ? ». « J’ai voulu mettre des tresses, à la chinoise, mademoiselle Ginette ». « Des tresses vertes ? ». « Je n’en avais pas en vrai, alors j’ai utilisé deux poireaux ». « Mais, vous portez une grosse moustache maintenant ? ». « C’est du cirage noir, mademoiselle Ginette ». « Ah bon ! Ne m’embrassez pas, dans ce cas ». « Merde alors ». « Que dites-vous ? ». « Bonne année en chinois ».

  • Le boeuf dans toute sa splendeur

    « Gérard, cette année, le 26 janvier, ce sera l’année du bœuf ». « Oui. Et alors ? ». « Gérard, cette année j’en veux tous les jours, du boeuf : en tartare, en carbonnades, saignant, sauce roquefort, à l’étouffée ».  « Toi qui t’intéresses à la cuisine, sais-tu ce qu’il y a de plus difficile dans la préparation du bœuf à l’étouffée ? ». « Apprends-moi, Gérard ». « C’est étouffer le bœuf. Il faut être plusieurs ». « Ah bon. Je t’aiderai, Gérard, parce que, cette année, je ne veux que du bœuf ». « Dis, l’année du rat, que crois-tu avoir mangé ? ». « Heu ».