• Patte et tiques

    Suite à l’appel ‘Patte et tiques’ de Gérard qui, suite aux violents orages accompagnés de grêlons, a perdu son appareil photo, son barbecue, ses fraises et, selon un document en possession de son assureur, deux côtes à l’os et sa crème chantilly, un fidèle auditeur nous a proposé, vu le refus de fonctionnement de l’appareil photo, de nous fournir une preuve de l’existence des grêlons. Connaissant le caractère suce-pissieux d'un assureur normal (je n'ai jamais su comment on écrit le mot suce-pissieux et je n'allais pas le demander à Ginette, elle en ignore l'existence), je voudrais obtenir votre avis avant d'envoyer ce document exclusif. Dois-je colorer les boules au marqueur fluo pour qu'on les distingue mieux ? Ou mettre dessus des croix au marqueur noir indélébile comme je le fais sur les cartes postales de l'hôtel où je passe mes vacances et que j'envoie aux amis pour montrer où est ma chambre ? Pour étayer notre dossier nous sommes à la recherche de photos de fraises bien mûres et écrasées. D'avance merci.

    007 (2)

  • Les photos du jardin de Gérard

    « Gérard, ça fait trois jours  que nous sommes là, à marteler le sol de ton jardin pour être sûrs qu’il ne reste aucun grêlon vivant. On a l’air de deux africains en train de danser la danse de la pluie. Tes voisins nous regardent d’un air bizarre, Gérard. J’ai de plus en plus chaud, Gérard, je vais enlever ma chemisette. J’ai mal aux pieds. As-tu des nouvelles de ton assureur pour les côtes à l’os, les fraises et la crème chantilly ? ». « Non ». « Envoie-lui des photos des dégâts, Gérard. Des photos, ça parle. Bien sûr, tu pourrais prendre des photos chez un ferrailleur et dire que c’était ton barbecue double étage, air climatisé, sièges inclinables mais, une photo d’une terre nue pour montrer qu’il n’y a plus de fraisiers, ça parle. Surtout si ton assureur aime les fraises. Il faut jouer sur les cordes sensibles, Gérard. Si tu le souhaites je ferai des trous aux ciseaux dans une vielle chemise, tu prendras une photo de moi allongé sur le sol et tu diras que c’est moi, voulant sauver tes fraises en offrant mon corps aux grêlons. Si tu préfères j’irai m’allonger sur l’emplacement de feu tes salades ». « Je n’ai plus d’appareil photo ». « Gérard, mon pauvre ami, mais tu collectionnes les tuiles ». « Quand l’orage est arrivé j’ai pensé à rentrer la côte à l’os mais j’ai oublié de rentrer l’appareil photo qui était sur la table de jardin ». « Le ventre nous perdra, Gérard ».

    Le récit des aventures de la pluie de grêlons dans le jardin a commencé le 27 mai et se terminera demain, le 31, avec une photo prise par un auditeur.

  • Les fraises de Gérard

    « Tu as vu mes fraises après l’orage de l’autre jour ? ». « Gérard, je quitte mes pantoufles, j’enfourche mes souliers de jardin et, hop, je vais admirer ta production ». « Alors, qu’en dis-tu ? ». « Gérard, tu les as changé de place ? Je ne vois plus personne ». « Les grêlons ! Ce sont les grêlons ». « Et merde. Des fraises en boîte c’est beaucoup moins bon. Gérard, il faut que tu les ajoutes aux deux côtes à l’os d’hier, hein, pour ton assureur. Dis-lui aussi qu’avec le déluge on a perdu le sucre en poudre et la crème chantilly. Comme tu n’as plus de fraise tu peux dire que tu en avais beaucoup. Ils vont venir avec une pelleteuse pour retrouver les ossements et tu ne devras plus bêcher. Avoue, Gérard, tu as de la chance de m’avoir comme ami, avec mes conseils. Et, entre nous, je ne dirai à personne que tes fraises étaient immangeables, pas mûres, encore vertes ».

  • La côte à l'os

    « Gérard, si tu as ton assureur en ligne pour les dégâts d’orage, la destruction totale de ton barbecue et les dégâts collatéraux, dis-lui que, surpris par la pluie diluvienne, on s’est sauvé en laissant la côte à l’os dessus. Gérard, tu peux le dire, tu as mon absolution. Tu payes chaque année ta prime. Ton assureur ne peut pas chicaner pour une côte à l’os. Deux, Gérard. Dis que tu avais deux côtes à l’os ». « Pourquoi pas le bœuf entier, tant que tu y es ». « C’est un peu gros, ça, hein, Gérard, enfin, un bœuf, voyons, restons raisonnables dans nos revendications. Tu sais quoi, Gérard ? On n’aurait pas du manger la côte à l’os cuite à la poêle. Tu as encore l’os ? N’oublie pas d’en demander un deuxième au boucher ».

  • Réduction à l'achat d'un barbecue

    « Comment ça, Gérard, pas de barbecue ce soir ! Il suffit de le vider de toute la flotte qu’il reçu avant-hier et de le sécher au  décapeur thermique ». « Tu as vu dans quel état il est ! Vas y ». « Il est où Gérard ? ». « Au même endroit que le jour de l’orage ». « Non ! C’est lui ! Gérard, dis-moi que ce n’est pas lui ». « C’est lui ». « Mais, mais, tu as tiré dessus avec de la chevrotine de gros calibre ? ». « Les grêlons, fieu ». « Ah, les salauds, nous priver de barbecue. Ils sont où, Gérard, les grêlons, que je leur dise ma façon de penser ». « Oh, ainsi fond, fond, fond, le petit grêlon. Ne me dis pas que tu ne le sais pas ». « Tu crois qu’il a souffert, Gérard ? Les braises, non. Elles ont du s’éteindre comme une chandelle. Pchiiiii. Heureusement que tu as couru vers la cuisine avec la côte à l’os. Sans ça, on aurait eu de la chair à saucisse ». « Ne rigole pas, en ce moment je n’ai les moyens de me payer un nouveau barbecue ». « Gérard, te connaissant, je sais que c’est un drame. Pas de barbecue, pas de mademoiselle Ginette. Gérard, je vais t’aider ». « En le regonflant, peut-être ! ». « Gérard, je connais un type qui vend tout et n’importe quoi sur e-Bay. On va lui confier ta ruine et je suis sûr qu’il va la vendre ». « Ah oui ! Comme quoi ? ».  « Comme passoire à citrons, Gérard ».

  • Accident de sport chez Gérard

    Chez Gérard je ne fais pas que du ramping pour arracher les mauvaises herbes. Non, nous faisons aussi du sport. En apéritif avant le barbecue. Histoire d'ouvrir l'apétit et de voir si les boutons de la blouse de Ginette vont sauter. Hier je lui ai dit qu'il ne faut pas confondre le tennis en pension et le pénis en tension mais elle n'a pas compris. Elle fut néanmoins troublée, penses-je, car elle a pris une balle de tennis pour jouer au badmington. Devinez qui était derrière la frêle raquette. J'ai crié : maman, je n'ai rien aux dents. Forcément, c'est l'oeil qui a tout pris. J'ai ajouté : Good night everybody. Les salauds ont mangé sans moi parce que c'était, selon Gérard, manger à point ou carbonisé. Comment voulez-vous que je mange avec un sac de glaçons sur la figure, hein, je vous le demande. Gérard, compréhensif, m'a passé le seau de sangria que j'ai flûté en douce. Après je ne sais plus. Je me suis endormi. Le choc, sans doute. Gérard, qui n'en rate pas une, a fais une photo du trou de balle. La voici :

    032

  • Nouvelles des troglodytes

    Des âmes sensibles me demandent des nouvelles des troglodytes. Ils vont bien mais se chamaillent comme des triplés. Je ne sais pas à quoi ils jouent mais celui qui perd doit sortir du nid et se fait chier dessus. C'est passionnant la psychologie animale. Pas besoin d'aller à l'université, il suffit de regarder dans le jardin de Gérard. Par exemple les taupes. C'est certainement un jardinier qui a construit les plans du lion de Waterloo. Sinon nous aurions eu droit à une pyramide. Dommage, mademoiselle Ginette n'est pas sensible à la nature. Pourtant, chaque fois que je vois deux bestioles l'une sur l'autre, je l'appelle pour les lui montrer. Aucune réaction, moins qu'un camembert qui commence à couler. Ah lala, oufti binamé bon dieu, qué naffaire à Lîdje.

    Film1 032 - Copie